
Photo : Sandra Fastre
A l’occasion de la 24ème semaine d'information sur les maladies mentales à Toulouse, Sandra Fastre, psychologue du travail mais surtout photographe, va présenter une exposition de photographies autour d’une thématique originale.
Choquée en 2009-2010 des réactions de jeunes filles face à l’histoire et aux photos d’Isabelle Caro, anorexique, elle s’interroge sur l’anorexie. « Je me suis beaucoup questionnée sur le déni par rapport au corps, je voulais comprendre comment on pouvait arriver à ne plus se voir comme on était, affirme la photographe. Je n’ai trouvé que peu d’informations sur la maladie, sur comment on la soigne et comment on peut aider les malades, cela m’a vraiment surpris ».
Elle décide alors d’aider à sa manière, de tenter d’expliquer la maladie. Et quel meilleur outil alors que son appareil photo. Elle se rapproche de l’établissement spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire de Toulouse, CATTP RECIFS, et propose de photographier les patientes adultes, sur la base du volontariat. « L’objectif pour moi était d’amener une compréhension sur ces pathologies, mais en contrepartie je voulais que cette initiative serve d’appui aux personnes qui participaient au projet », affirme-t-elle.
Sandra prend alors le temps de rencontrer les patientes, durant deux mois, elle s’est intégrée aux groupes de volontaires. Son appareil à la main, mais sans jamais prendre de photos. Puis, elle commence à photographier l’environnement des patientes, « pour les habituer aux clics de l’appareil, et à mes déplacements autour d’elles ». Enfin, elle finit par les photographier, elles, leur corps, leurs gestes.
Pour financer son projet, Sandra le dépose sur le site d’appel aux dons « kisskissbankbank ». En dix jours la somme nécessaire est recueillie. L’exposition aura bel et bien lieu avec l’appui de la commune et de l’association Anorexie Boulimie de Midi Pyrénées. « C’était important pour moi mais surtout pour les patientes que nous allions au bout de la démarche, que le projet soit diffusé au-delà de l’établissement », explique Sandra.
A l’issue de la semaine dédiée aux maladies mentales, Sandra voudrait sensivbiliser les jeunes adolescents aux troubles du comportement alimentaire. Et personnellement, elle est prête à renouveler son expérience dans de nouveaux centres, ailleurs…mais toujours pour tenter de faire comprendre ce qu’est cette maladie.
Barbara Leblanc